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Maxime Noix, J. C. pour La Dépêche du Midi

 

Ligue1

Après la défaite contre Lille, et les affrontements avec la police à l'issue du match, les supporters sont à cran. Certains appellent à l'union sacrée, d'autres n'iront plus au stade.

Dimanche après-midi, toutes les conditions étaient réunies pour que la fête soit belle. Le Stadium était à guichets fermés, la météo clémente, et les supporters chauffés à blanc pour supporter le TFC. Malheureusement la défaite contre Lille (2-3) est venue tout gâcher.

Hier pour beaucoup de supporters, les événements de la veille étaient durs à avaler, comme l'explique Jean-Baptiste Jammes, responsable du site de supporters LesViolets.com : «Ce match contre Lille a créé une fracture entre les supporters et le club. C'était une insulte au football. On peut accepter les défaites, mais ils ont refusé le jeu, c'est désolant». Le jeune homme est très remonté, mais il assure que son amour pour le club reste intact : «Les vrais supporters seront toujours derrière le club. Il faut respecter les couleurs». À cran, il garde un petit espoir : «Il va falloir une grande prise de conscience. Hier les supporters ont montré qu'ils étaient là pour le club, maintenant c'est aux joueurs d'aller chercher le maintien».

Alain Grolier est le président du groupe des supporters des violets. Il appelle à l'union sacrée pour les deux derniers matchs de la saison : «Nous allons tenter de remplir le stade à nouveau pour la venue de Guingamp. Le maintien sera dur à assurer, mais nous devons être derrière notre équipe. J'en appelle au club. Lille a payé le déplacement à ses supporters pour venir à Toulouse, si nous pouvions avoir la même chose à Bordeaux ce serait une très bonne initiative».


L'intervention de la police a choqué les supporters

Les tensions ont été amplifiées par l'intervention musclée de la police, après la rencontre, sur le parvis du Stadium (lire par ailleurs). Marco, porte-parole des Indians, le principal groupe de supporters, est indigné : «Nous avons lancé un appel pour recueillir des témoignages. Nous demandons à tous les gens qui étaient à la sortie des joueurs de nous fournir photos, vidéos ou tout témoignage de la charge policière. Nous ne comprenons pas pourquoi ils ont chargé. Tout se passait bien, nous n'étions pas violents». Les Indians envisagent de déposer plainte pour violences policières. De son côté le TFC a réagi par un communiqué publié hier midi : «Faisant suite aux nombreuses réactions de supporters consécutives à l'intervention des forces de l'ordre sur le parvis du Stadium à la fin du match, le TFC précise que cette intervention relevait d'une décision autonome prise par l'autorité publique. Le TFC était à ce moment précis en train de dialoguer avec des représentants des groupes de supporters, afin d'organiser une entrevue immédiate avec la présidence du club».


Le chiffre : 2

matchs> Pour se sauver. Il reste deux matchs au TFC pour éviter la relégation. Ce week-end ils affronteront Bordeaux à l'extérieur. Le week-end suivant ils joueront un match crucial contre Guingamp au Stadium.

« Les supporters ont prouvé qu'ils étaient présents contre Lille. Maintenant les joueurs doivent faire les efforts pour se sauver ».
Jean-Baptiste Jammes, responsable du site LesViolets.com


Les sections d'intervention rapide dans les stades depuis 2010

Les sections d'intervention rapide ont été mises en place par la police nationale dans les stades de football en 2010. Leur objectif est de lutter contre le hooliganisme. Depuis la saison 2009-2010, environ 500 policiers font partie de ces équipes. Les policiers qui travaillent dans les SIR sont tous volontaires. Habillés en tenue de sport, ils sont en contact direct avec les supporters. Cette unité ne se substitue pas à une autre mais s'intègre dans les dispositifs d'ordre public prévus dans les stades. Comme le précise la direction centrale de la sécurité publique, sa mission consiste à «désamorcer les situations tendues à l'intérieur des enceintes sportives, par l'identification et la neutralisation subséquente des fauteurs de troubles». Ils jouent un rôle intermédiaire, à mi-chemin entre les stadiers et les CRS. Le choix de la tenue sportive pour ces unités leur permet d'intervenir plus discrètement. Leur présence est néanmoins dissuasive puisqu'un flocage «police nationale» les identifie clairement.
 

«Les clubs sont coincés entre supporters et autorités», selon Nicolas Hourcade, sociologue spécialiste des supporters de football

Quels sont les rapports entre la police et les supporters ?

Il y a des tensions entre policiers et ultras, qui sont en contact direct lors des matches. La difficulté est qu'ils ont une mauvaise image les uns des autres. Cela joue fortement sur leurs relations et amène à des situations qui dégénèrent. Dans le contexte actuel, les supporters ont l'impression d'être maltraités par les autorités, du fait notamment des interdictions fréquentes de déplacements. Les policiers de leur côté ont l'impression que les supporters sont trop excités. Ils ont parfois le sentiment qu'une intervention énergique peut être adaptée. Cela crée un cercle vicieux.

Le club peut-il être un intermédiaire entre les deux ?

Les clubs sont pris en tension entre les supporters et les autorités, au sens large. Un cas extrêmement clair pour le comprendre est la question des fumigènes. Les clubs savent que leurs ultras veulent allumer des fumigènes. Beaucoup de clubs trouvent que finalement quelques fumigènes ne dérangent pas trop. D'un autre côté ils se font sanctionner par la commission de discipline de la Ligue. C'est le principal point qui fait que les clubs sont pris entre le marteau et l'enclume. Leurs supporters avec qui ils ont envie d'avoir des bonnes relations et les autorités pour éviter les sanctions. Cela rejaillit sur l'ensemble des relations de cette triade.

La fin de saison est-elle une période plus dangereuse pour les débordements ?

Les tensions se cristallisent sur des périodes de mauvais résultats. À ce moment-là le club doit arriver à gérer le dialogue avec ses supporters. Un peu ce qui était en train de se faire dimanche à Toulouse avant l'intervention de la police. C'est révélateur que la police intervienne après l'allumage d'un fumigène. Sur la voie publique, ce n'est pas interdit. À partir du moment où la police a une mauvaise image des supporters, dès qu'elle voit des comportements qu'elle code comme dangereux, il peut y avoir une sur-réaction.

En France les supporters sont-ils écoutés ?

La France n'est pas un pays qui a une bonne image de ses supporters. En comparaison avec les autres pays, les supporters de football sont vus comme des beaufs. En Allemagne ou en Angleterre, être fan de football est beaucoup plus légitime. Depuis 2016, la loi impose aux clubs d'avoir un «référent supporters». Ce rôle crucial pour un dialogue constructif se met lentement en place.
 

Trois supporters toulousains arrêtés après la rencontre TFC-Lille

Comment interpréter l'intervention des policiers de la SIR, dimanche après la rencontre alors que la tension entre les fans des «Violets» et certains joueurs toulousains, était vive ? Les supporters, notamment les membres des Indians Tolosa dénoncent une intervention «disproportionnée». Des témoins, non impliqués, évoquent également une opération des policiers «très musclée, même excessive», estime un jeune fan du TFC qui affirme «respecter la police et son travail difficile» et qui se trouvait sur le parvis lors des incidents.

Du côté police nationale, la direction de la sécurité publique n'a pas souhaité répondre à nos questions. Les policiers de terrain font simplement remarquer que certains groupes de supporters «ne respectent rien». «On leur demande de ne pas faire entrer de fumigène parce que c'est dangereux et ils en craquent un sur le parvis, au milieu des familles», déplore un fonctionnaire. Un habitué des travées du Stadium sourit jaune face aux récriminations des supporters. «Ils reprochent beaucoup de choses à la police mais ils oublient leur propre comportement. Dimanche après la rencontre, ils se sont montrés hyper-agressifs. Je veux bien comprendre leur déception mais les insultes répétées match après match, en geste et en parole, c'est nous qui les recevons. Dimanche, aucun de nous n'y a échappé.»

Quand ils sont intervenus dimanche, les policiers voulaient réaliser des arrestations, notamment celle du supporter qui a allumé le fumigène. Il a été arrêté, comme un autre qui avait utilisé le même genre d'artifice dans la tribune. Quand la police a décidé de disperser le groupe, et d'interpeller les deux suspects, les policiers affirment avoir reçu des projectiles. C'est ce qui a entraîné l'arrestation d'un troisième individu. Un dernier supporter du TFC a en effet été interpellé en dehors du Stadium vers 20 heures. Lui est accusé d'avoir jeté une bouteille de verre vers les policiers. Un fonctionnaire de la brigade anti-criminalité a été blessé à la main et a dû recevoir des points de suture. Ce supporter a été présenté au parquet hier en fin de journée et pourrait être jugé rapidement par le tribunal correctionnel pour «violence sur agent dépositaire de l'autorité publique».

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