Menu

Fil de navigation

Recherche

HUGO DELOM pour L'Equipe

 

Interview

Auteur d’une année « mitigée », fautif lors de l’élimination de la France de la Coupe du monde des moins de 20 ans, le gardien de la Fiorentina fait le bilan de sa saison en Italie.

Il est apparu un soir de novembre 2015. À seize ans et dix mois, le Toulousain Alban Lafont devenait le plus jeune gardien de l’histoire de la Ligue 1. Près de 170 matches plus tard, le joueur de la Fiorentina, perçu comme l’une des promesses de l’Hexagone à son poste, sort d’une nouvelle année pleine (38 rencontres, toutes compétitions confondues). Pourtant, à vingt ans, Lafont est conscient des attentes et lucide sur les critiques nées d’une saison « mitigée ».

 

« Comment avez-vous vécu l’élimination de votre génération au Mondial des moins de 20 ans et votre erreur face aux États-Unis (2-3, en 8 es de finale) ?

C’est une grosse désillusion. On avait à cœur de faire un grand parcours. Je n’ai pas envie de me trouver des excuses mais j’ai joué blessé (poignet). Il faut savoir accepter de passer par ces épreuves-là.

Vous ressentiez une douleur avant la rencontre. A posteriori, prendriez-vous le risque de jouer ?

À 100 % oui. Parce que je suis un compétiteur et qu’un huitième de finale de Mondial, ça ne se joue pas tous les jours. J’en assume les conséquences.

Cette faute vient-elle ternir votre bilan de la saison ?

C’est sûr que ce n’est pas positif mais je ne veux pas rester là-dessus. Il faut savoir en tirer les enseignements. Ma saison, en toute honnêteté, est mitigée. Il y a eu un temps d’adaptation. Ce n’est pas évident de changer de club, de culture. J’ai acté que c’était une saison mitigée, j’ai acté aussi que je voulais montrer le meilleur de moi-même l’an prochain. Je suis déterminé.

Vous êtes-vous déçu ?

Non, parce que ma saison n’a pas été mauvaise. Je ne me suis pas déçu mais je suis quelqu’un de très exigeant envers moi-même, je sais de quoi je suis capable. Et je dois mieux faire.

En quoi est-ce différent d’être un gardien en Italie ?

Il y a un niveau global très, très élevé. J’ai peut-être le sentiment que les matches sont plus difficiles. Il faut un degré de concentration encore supérieur. Il y a une notion encore plus grande dans la direction de sa défense.

Comment se traduit au quotidien l’école des gardiens italiens ?

Il n’y a pas une grande différence dans l’approche avec la France. À la Fiorentina, on travaille sur beaucoup de notions, notamment sur l’explosivité, le placement. Tactiquement, on travaille beaucoup aussi. Même à mon poste. J’ai été surpris par ça.

Vous avez vingt ans, déjà 170 matches pro (sélections comprises). Avez-vous le sentiment que les regards portés sur vous changent ?

D’un côté, on me voit toujours comme un jeune gardien, précoce, celui qui a commencé à seize ans, et de l’autre, on se dit oui mais il a déjà plus de 100 matches. Moi, je me vois avant tout comme un gardien de Première Division. Après, ce que j’ai fait, c’est très bien. C’est compliqué à nos postes de nous imposer jeunes.

Mais aujourd’hui, avez-vous moins le droit à l’erreur ?

Je me suis toujours fixé des objectifs élevés. Maintenant, oui, il y a plus d’attentes. On attend beaucoup de moi. Je n’ai pas le sentiment d’avoir déçu. Les gens sont exigeants mais moi aussi. J’ai l’avenir devant moi, je continue à bosser.

Cette étiquette d’espoir est-elle lourde à porter ?

Non, c’est bien. On sait de quoi je suis capable. Après, il faut savoir y répondre. En termes de maturité, j’ai franchi un palier cette saison. Je dois encore en franchir d’autres : être plus régulier, performant dans les gros matches, gagner des titres.

L’été dernier, on pouvait vous imaginer passer par une étape intermédiaire en France – OM, Monaco – avant de partir à l’étranger. Avez-vous regretté votre choix de rejoindre la Fiorentina ?

Jamais. La Fiorentina est un grand club, de très haut niveau.

Mais n’est-ce pas lourd de toujours connaître des saisons collectivement difficiles (la Fiorentina a terminé 16 e de Serie A) ?

Ça a été différent de Toulouse. Jusqu’en décembre, on jouait l’Europe. On a mal fini. Ce n’était pas notre place, on en est tous conscients. On va tout faire pour replacer le club à sa vraie place.

Votre nom circule en Italie pour un possible transfert. Serez-vous gardien de la Fiorentina l’an prochain ?

Oui. Il n’y a pas de raison pour que ça se passe différemment. »


EN BREF

20 ANS

1,93 m ; 80 kg Gardien. Club : Fiorentina (ITA)

⬛ 2015 : le 28 novembre, il est titulaire dans le but toulousain contre Nice (2-0). Alors âgé de 16 ans et 309 jours, il devient le plus jeune gardien titulaire en L1.

⬛ 2018 : le 2 juillet, il quitte le TFC pour s’engager cinq saisons avec la Fiorentina.

2019 / 2020

CALENDRIER

2019/2020

CLASSEMENT

Suivez l'actualité du TFC

ACTUALITE

2019/2020

EFFECTIF

2019/2020

TRANSFERTS

2019/2020

STATISTIQUES