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Théo Faugère pour La Dépêche du Midi

 

Ligue1

Ils les ont vus toucher leurs premiers ballons, ils les regardent aujourd’hui à la télé, se battre pour obtenir une place en Ligue 1. Stéphane Lin, Fayçal Gacem et Thierry Agar ont participé à l’éclosion des jeunes pousses toulousaines. Respectivement Amine Adli, Bafodé Diakité et Janis Antiste. Tous ont attentivement suivi la saison des Violets et ont un avis bien tranché sur la façon d’aborder l’ultime match de la saison, ce soir à Nantes. Un consensus émerge entre les trois hommes sur le fait que le TFC n’a pas évolué à son niveau, jeudi lors du match aller. Il faut dire que tout le monde s’en est aperçu. "Le match retour se jouera sur l’envie et sur la capacité à jouer libéré" annonce pour sa part Stéphane Lin, l’entraîneur au sein de l’ES Paulhan-Pézenas, dans l’Hérault.

Plus près du Stadium, au TAC, Fayçal Gacem préconise quant à lui un changement de système pour contrecarrer les plans nantais. "L’avantage du 4-4-2, c’est que tu peux avoir un vrai apport offensif dans les couloirs", justifie le responsable de l’école de foot du club toulousain.

En banlieue, du côté de l’AS Portet-Carrefour-Récebedou, Thierry Agar n’est pas vraiment optimiste après le visage montré par le Tef jeudi. Mais l’éducateur y croit. "Mais tout peut aller très vite, ça peut se jouer sur un détail […] et Toulouse peut reprendre confiance… Ça va très vite dans le foot".

Tous seront devant leur télé, tout à l’heure, avec évidemment une pensée pour leur poulain, qu’il soit titulaire ou bien sur le banc.

Stéphane LIN, ES Paulhan-Pézenas (Premier club d’Amine Adli) : "Je n’ai pas pu suivre le match aller, j’ai vu le résultat. Bien sûr j’ai lu des comptes rendus du match pour savoir ce qu’il s’était passé. C’est vraiment sur l’envie que ça va se jouer. C’est celui qui en voudra le plus, avec bien sûr une part de chance qui pourra l’emporter. L’un joue pour ne pas descendre, l’autre pour monter donc évidemment c’est très tendu. La différence va se faire pour celui qui aura le plus envie, c’est la clé. Attention aussi à ne pas rater d’occasions. Le visage de Toulouse – même si je n’en ai pas parlé avec Amine – n’était pas le même que cette saison. Ils n’ont pas marché comme ils le voulaient. Après moi j’y crois, tout va se jouer dans la tête. Et Nantes partira avec un avantage psychologique après leur victoire de jeudi. Ils restent sur une belle lancée en Ligue 1 donc ils ont des certitudes… Ils auraient presque pu se maintenir directement en Ligue 1, ça ne s’est joué à rien. La différence c’est que Toulouse reste une équipe jeune, il y a une petite crispation de se retrouver à ce niveau-là. L’enjeu les a peut-être empêchés de se lâcher véritablement. Il faut se lâcher, ils n’ont rien à perdre et tout à gagner. Cette peur qui des fois, nous prend aux tripes et c’est ça qu’il faut arriver à dépasser. Il ne faudra surtout pas gâcher des occasions."

Fayçal GACEM, Toulouse Athlétic Club, (premier club de Bafodé Diakité) : "Toulouse a eu trop de déchet, contrairement à Nantes. Les deux buts qu’on prend, ce sont des cadeaux. Sur le premier la frappe n’est franchement pas pure, le deuxième, le Nantais contrôle vers l’intérieur, Dewaest n’est pas exempt de tout reproche. Et derrière, personne au second ballon. On prend deux buts qu’on ne doit jamais prendre, on donne le bâton pour se faire battre. Pourtant en égalisant, tu te dis que bon, c’est jouable. Tu laisses passer l’orage, tu repars sans te presser, tu peux essayer de te remettre dans le bon sens en étant patient.

La clé de ce match, c’était d’être patient. Mais on a voulu aller trop vite. Pour moi, il faut changer de système et jouer en 4-4-2. Tu as une assise défensive, des milieux plus costauds. Ce que je me disais à la mi-temps à l’aller, c’est que Patrice Garande allait changer de système. Parce que Nantes était trop bien en place. En deuxième le TFC était mieux dans le jeu, mais on n’a pas non plus eu 50 000 occasions. Et quand bien même on a combiné sur les côtés, tu regardes dans la surface, il n’y a qu’un joueur. L’avantage du 4-4-2, c’est que tu peux avoir un vrai apport offensif dans les couloirs, avec Moreira et surtout Machado. Ils t’apportent la supériorité numérique. Ils peuvent combiner avec le milieu côté, le milieu axe et l’attaquant, tu te retrouves à 3 ou 4 sur le côté, tu peux envoyer des ballons au second poteau ou en retrait, chose que le TFC a plutôt bien maîtrisée cette année. Pour moi c’est la meilleure solution. En tout cas, on est tous avec eux. On veut les voir prendre confiance, tant que l’arbitre n’a pas sifflé ce n’est pas fini. Tout est possible dans le foot, ils sont capables de le faire.

Thierry AGAR, AS Portet CR, (Premier club de Janis Antiste) : "Il y avait un très gros écart physiquement entre les deux équipes sur le match aller. Nantes a imposé son jeu avec beaucoup plus de densité et à partir de là, Toulouse a eu beaucoup de mal à développer son jeu habituel de conservation, a eu du mal à faire des centres… Puis il y a eu un gros déficit au niveau de l’engagement. Ils se sont peut-être mis trop de stress. Et malgré le fait qu’en début de seconde mi-temps, il y a eu un jeu beaucoup plus fluide et plus intéressant, ils n’ont pas réussi à concrétiser à ce moment-là, ils ont passé leur chance de revenir. À Nantes ça va être dur. Honnêtement je n’y crois pas trop. J’espère bien sûr qu’ils vont réussir. Ça reste du football, ça peut se jouer sur un détail. Une expulsion nantaise, une attaque toulousaine avec le gardien Alban Lafont qui sort et qui se rate. Faute du gardien, penalty, 1-0 et c’est plus la même histoire. Ça change complètement, Toulouse reprend confiance et ça va très vite en foot. Mais s’ils ressortent la performance du match aller ça va, en revanche, être très compliqué. On peut rajouter aussi le fait qu’ils ne tombent pas sur la bonne équipe. Nantes est sur une excellente dynamique avec quatre victoires sur les cinq derniers matchs… On aurait dû jouer contre Brest. On n’a pas pris le bon adversaire. Et pour faire un parallèle avec l’actualité, la règle du but à l’extérieur va être supprimée dans les prochaines semaines. Et en l’occurrence, si le but à l’extérieur n’existait plus ce n’était pas du tout pareil. Pour moi ça peut se jouer sur un détail si c’est en faveur de Toulouse. Mais sur le match aller il n’y avait pas photo, il leur faudra des qualités morales, mentales et d’engagement beaucoup plus important."

 

Ruben Gabrielsen, capitaine du TFC : "Ça va être la guerre"

Vous allez disputer le dernier match de la saison, dans quel état d’esprit se trouvent vos coéquipiers ?

On a hâte. Nous pensons vraiment que nous pouvons gagner. Je pense que lors du premier match nous étions un peu nerveux mais maintenant nous n’avons plus rien à perdre. Il me tarde ce match, je sais que ce sera la guerre.

Avez-vous senti une différence de niveau entre Nantes et les équipes que vous aviez l’habitude de jouer en Ligue 2 ?

Oui, c’est une équipe de Ligue 1 donc ce n’est pas la même chose. Ça n’a rien à voir de jouer Nantes et de jouer Niort par exemple. Mais nous sommes aussi une très bonne équipe et on va le montrer lors de ce dernier match. Il ne faut pas qu’on ait peur.

Quelles sont les différences que vous avez remarquées ?

Ils sont meilleurs avec le ballon, plus disciplinés. C’est vraiment sur la discipline qu’il y a un écart.

La défense de Toulouse a beaucoup souffert contre les attaquants nantais, en tant que défenseur comment l’expliquer ?

Il faudra que l’on communique plus, et il faut qu’on ait un état d’esprit de guerrier. Le match de demain (ce soir, NDLR) sera différent, je vous l’assure. On se doit de gagner.

Quels mots avez-vous utilisés après le premier match pour remobiliser vos coéquipiers ?

Je n’ai pas eu besoin de beaucoup parler car on était tous très déçus. On avait besoin d’une journée pour encaisser ça et réfléchir à notre match.

Êtes-vous frustré en revoyant votre match de jeudi ?

Pas frustré, je n’ai pas le temps d’être frustré il faut se remettre dedans tout de suite. Et ce n’est pas comme si c’était incroyable d’avoir deux buts de retard. On a tous déjà vu des matchs de Ligue des champions où si on marque rapidement ça peut être le chaos en face. Si on en marque un après la 75e minute, ils vont douter sur la fin du match. Encore pire si on marque après la 80e car dans les têtes ça fait très mal. Si on marque tard, ils auront peur de perdre.

Vous avez dit que ce serait la guerre à Nantes, mais au match aller, vous n’avez pas montré un état d’esprit de guerrier, c’était presque l’opposé, vous êtes d’accord avec ça ?

Non je ne suis pas d’accord car la deuxième mi-temps n’était pas si mal. On aurait pu marquer, on a eu le ballon. Maintenant on les connaît, ils nous connaissent et nous savons vraiment à quoi nous attendre. On est plus confiants, on n’a pas peur.

Vous avez l’air confiant, vos coéquipiers sont dans le même état d’esprit ?

Ils sont aussi confiants que moi. Nous avons tellement donné dans cette très longue saison. On sait qu’il s’agit du dernier match, et c’est sur ce match qu’on peut devenir des héros. Ça nous donne une motivation supplémentaire. On en a beaucoup parlé cette saison, et enfin, on est à ce moment. Ce moment où on peut faire quelque chose d’énorme. Si on survit à cette guerre, on sera des héros. C’est notre finale de Ligue des champions, on doit aller à Nantes en se disant qu’on va y arriver.

 

Quand le TFC battait Nantes sur tapis vert et enfonçait les Canaris en Ligue 2

20 mai 2007, 37e et avant-dernière journée de Ligue 1. Depuis une semaine, une rumeur court dans les rues de Nantes. Quelque chose pourrait se passer ce soir dans les tribunes de la Beaujoire, où les supporters se rassemblent une dernière fois pour dire adieu à la Ligue 1 : condamnés à descendre depuis la 34e journée, les Canaris accueillent le TFC, en course pour une historique troisième place. Sur le terrain, aucun spectacle. Jusqu’à la 87e minute de jeu. "Nous joueurs, on voit qu’il se passe quelque chose, on sent un mouvement de foule, mais à aucun moment on imagine que la partie va être arrêtée", se souvient Dominique Arribagé, alors capitaine des Violets.


La pelouse prise d’assault

Excédés par une saison catastrophique, à laquelle l’arrivée de Fabien Barthez au mercato d’hiver n’a rien changé, les spectateurs nantais font sauter les dernières digues de leur colère et envahissent la pelouse. Sans violence, mais avec des mots : "Dassault, rends les armes !" (sic) peut-on notamment lire sur l’une des banderoles. Décédé en 2018, l’ex maire de Corbeil-Essonnes et cador de l’industrie militaire est alors actionnaire majoritaire du FC Nantes. Mais le foot, ce n’est pas vraiment son truc. Serge Dassault, c’est ce patron qui s’est retrouvé là un peu par hasard, après avoir racheté en 2004 la Socpresse, qui possédait le FC Nantes. Et les supporters l’ont vite senti. Ce soir-là, c’est contre lui, et son président Rudi Roussillon, qu’ils en ont. "Les supporters n’étaient pas énervés contre nous, les joueurs", rembobine Mauro Cetto, capitaine des Canaris. "D’ailleurs je me rappelle que quand ils envahissent la pelouse, je suis resté au milieu et beaucoup sont venus me voir en disant’’ce n’est pas contre vous, c’est contre les dirigeants’’." Devant le joyeux chaos qui règne, l’arbitre n’a pas d’autre choix que de renvoyer tout le monde aux vestiaires. Pour les capitaines, c’est le moment de discuter de la suite.


Et finalement, Cetto jouera la C1

"L’arbitre est venu nous dire qu’il fallait arrêter le match. Il y avait égalité à ce moment-là (0-0 NDLR) et avec l’envahissement du terrain, on savait que Toulouse gagnait le match. Moi j’ai donné mon accord à l’arbitre en disant qu’on ne pouvait pas reprendre", rejoue Cetto.

Mais si l’avenir de du FC Nantes n’est de toute façon pas lié au destin de ce match, le Tef, lui, joue gros. à la lutte pour l’Europe, une victoire donnerait un coup de fouet aux Violets dans le sprint final. Et ça, tout le monde le sait. "Notre intérêt est évidemment que le match s’arrête, admet aujourd’hui Dominique Arribagé. Donc dans les couloirs, il y a un jeu d’influence. On peut dire que l’on est en danger, on joue sur cette corde-là…"

Le match ne reprendra jamais, et quelques jours plus tard, la commission de discipline de la LFP actera la victoire sur tapis vert du TFC, 3-0. Plus bas sur la Garonne, les Girondins de Bordeauxsont fous de rage. Peu importe, le week-end suivant, les Violets giflent leur voisin 3-1 et se qualifient pour la première fois de leur histoire en Ligue des champions. "Moi, je me retrouve trois mois après à la jouer avec Toulouse", se marre Mauro Cetto, transféré de Nantes au TFC durant l’été. "C’est un peu incroyable que sans le savoir, je donne mon accord pour arrêter le match et que je prenne le bénéfice de ça, trois mois après."

Le FC Nantes, lui, descendra bien en Ligue 2, et c’en sera la fin de Serge Dassault. à l’été, l’armateur revendra le club à un autre homme d’affaires… Waldemar Kita. Ce soir, les supporters n’auront pas l’occasion d’envahir la pelouse pour lui crier leur colère. En revanche, l’issue pour les Canaris, menacés de descente, pourrait être la même qu’en 2007.

 

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