Menu

Fil de navigation

Recherche

Arthur Tirat pour La Dépêche du Midi

 

Ligue1

Après avoir raté le virage vers la professionnalisation, l’équipe féminine du TFC est repartie du niveau régional. Mais depuis le rachat du club, les filles nourrissent de grandes ambitions.

Il ne faisait pas plus de 5°, en ce triste dimanche après-midi d’automne. Mais malgré le mauvais temps, les Violettes du TFC avaient le sourire. Sur le terrain Brice-Taton, elles viennent d’en passer huit aux voisines de Portet-sur-Garonne (8-0). Une semaine plus tard, les protégées d’Antoine Gérard sont allées s’imposer à Auch (2-0) face à leurs principales concurrentes et font désormais seule la course en tête. Depuis le début de la saison, les filles du TFC se baladent en Régionale 1. Un moindre mal pour l’équipe de la quatrième ville de France qui se retrouve à disputer un championnat trop petit pour lui.

Le club toulousain ne se cherche cependant pas d’excuse. Il s’est mis tout seul dans cette triste situation. La descente en R1 est intervenue au moment de l’arrêt des compétitions lié au Covid, pendant l’hiver 2020. Au même moment où les garçons ont été rétrogradés en Ligue 2, les filles quittaient la D2 féminines pour retourner à l’échelon régional. "Quand j’ai pris la tête de l’équipe à ce moment-là, il y avait un énorme traumatisme", se souvient l’entraîneur, Antoine Gérard. Une descente prévisible pour un club qui flirtait avec le bas de tableau de D2.


"Pas une grosse envie d’avancer…"

"À l’époque on ne sentait pas une grosse envie de faire avancer l’équipe féminine au niveau de la structuration, de la compétitivité", explique le coach qui est arrivé au TFC il y a sept saisons. La direction violette de l’époque n’a pas suivi l’engouement autour du football féminin il y a une petite dizaine d’années, au moment où bon nombre de clubs professionnels avaient choisi de prendre ce virage. "Chaque saison devenait plus difficile. Les filles ont pas mal galéré car les autres clubs avançaient et se rapprochaient de la professionnalisation, etc."


Les temps changent

C’est depuis la descente – qui coïncide avec l’arrivée des propriétaires américains – que le TFC a décidé de rattraper son retard. "Il y a eu un nouvel élan et les discussions qu’on a pu avoir avec Damien Comolli et Olivier Jaubert (directeur général du TFC) montraient qu’il y avait une envie de faire avancer la section féminine", assure le coach.

De là à augmenter le budget alloué à la section féminine ? "Ce dernier n’a pas été touché malgré les coupes qu’a été contraint de faire le club", rassure le président Comolli (lire ci-dessous).

"Ça peut paraître fou, mais c’est la première année que les maillots sont taillés pour les filles", annonce le coach qui concède qu’au niveau régional, il n’y a aucun intérêt à "mettre énormément d’argent" sur l’équipe. "Ce ne sont pas les valeurs qu’on souhaite promouvoir, on y va étape par étape".

Dans son bureau situé dans les vétustes locaux de l’association TFC, à deux pas du Stadium, Antoine Gérard liste les objectifs que la direction lui a fixés. "A court terme, il nous faut remonter en D2. Ce serait fabuleux de fêter une double montée avec les garçons mais ça sera très compliqué pour nous". Et pour cause, la moyenne d’âge de l’équipe première du TFC est de 18,7 ans. Toutes les filles sont issues du centre de formation et n’ont pas l’expérience du très haut niveau. Si montée il y a, il faudra ensuite franchir le fossé qui sépare la régional 1 à la deuxième division. "La différence de niveau est énorme, prévient l’entraîneur. L’important sera de se stabiliser au niveau national".

En se basant toujours sur ce qui fait l’ADN du TFC : un socle fort de joueuses formées au club. "Si elles vivent l’émotion d’une montée en D2, ces jeunes joueuses vont gagner en maturité de façon importante." Il suffira de les entourer de quelques joueuses expérimentées pour que la mayonnaise prenne. C’est en tout cas la prévision du coach Gérard. Et pour l’instant, les Violettes en prennent le chemin.



"Il est anormal que notre équipe fanion évolue au niveau régional"

Est-ce normal pour un club de la stature du TFC d’avoir son équipe féminine qui évolue au niveau régional ?

Non c’est anormal, comme il est anormal que l’équipe professionnelle des garçons soit en Ligue 2 et pas dans la première partie du tableau de Ligue 1. Ce n’est pas normal que l’équipe fanion du TFC féminine soit en R1. Les deux équipes (filles et garçons) sont descendues la même année et on a autant de volonté de remonter avec les filles qu’avec les garçons.

Quelles sont les ambitions du TFC pour sa section féminine et quels sont ses moyens ?

En ce qui concerne les moyens, nous sommes un club de Ligue 2 qui perd de l’argent. Mais nous n’avons pas réduit le budget alloué à la section féminine. L’objectif absolu c’est la remontée. L’année dernière la saison s’est arrêtée prématurément mais cette année j’ai tenu le même discours aux joueurs de Ligue 2 qu’à l’équipe féminine : "Il faut remonter, il faut que vous montiez en D2 l’an prochain. Je sais que ce sera très difficile mais on va tout faire pour."

La moyenne d’âge de l’équipe féminine est de 18,7 ans… Le TFC repart avec son centre de formation…

Le club a toujours été un club formateur. Beaucoup de joueuses formées ici évoluent aujourd’hui dans les meilleurs clubs européens. On continue dans cette tradition de formation et on plaisantait à ce sujet d’ailleurs le jour de la reprise. J’ai rencontré les trois groupes (Equipe première, équipe réserve et U19) et j’ai dit à Antoine (Gérard, l’entraîneur) "qui est qui ?". On a rigolé car elles ont toutes le même âge. C’est une volonté forte et on le conservera une fois qu’on sera remonté. Ça fait partie de l’identité du TFC.

Les propriétaires du TFC sont américains et aux Etats-Unis, le football féminin est particulièrement développé. Ont-ils des attentes au sujet de l’équipe féminine toulousaine ?

Je vais me faire le porte-parole de ce qu’a dit Alec Scheiner (Redbird) lorsqu’il est venu à Toulouse en octobre : "Redbird vient de s’associer avec l’équipe nationale féminine américaine et s’est beaucoup investi pour trouver des sponsors pour augmenter les revenus des joueuses américaines…. Ce qu’on fait aux Etats-Unis montre notre attachement au foot féminin. On veut absolument que les joueuses du TFC remontent à leur place. Elles doivent la regagner".

Y a-t-il un club qui vous inspire au niveau de son équipe féminine ?

Pas vraiment. Si on ramène la section féminine à la dimension de la ville on devrait regarder du côté de Lyon ou du PSG. Les équipes qui devraient nous inspirer sont trop loin, évoluent en Ligue des Champions… Donc on regarde ce qu’il se fait ailleurs mais on essaie de tracer notre bonhomme de chemin basé sur la formation. On puise un peu partout sans avoir vraiment de modèle.

Suivez-vous, à titre personnel, la section féminine ?

Nous avons une réunion toutes les deux semaines avec Antoine Gérard où on parle de choses à régler, de l’avenir, du recrutement… Des U9 jusqu’en haut. On peut parler de la disponibilité des terrains et évoquer le tirage de la Coupe de France, discuter de quelle stratégie on met en place au niveau de la Coupe. Par exemple, il y a une joueuse qui était sous le coup d’une suspension avant un match de Coupe, Antoine m’a donc demandé mon avis, s’il fallait l’aligner en Coupe ou pas… On parle vraiment de tout. Ce sont les mêmes problématiques dont je discute avec Philippe Montanier pour les pros ou avec les entraîneurs du centre de formation.

2021 / 2022

CALENDRIER

2021/2022

CLASSEMENT

2021/2022

EFFECTIF

2021/2022

SELECTIONS

2021/2022

TRANSFERTS

2021/2022

STATISTIQUES