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HUGO GUILLEMET pour L'Équipe

 

Interview

À la veille de son départ en vacances pour l’Espagne, où il va se reposer une semaine en compagnie de son grand frère Florian, Alban Lafont reçoit chez ses parents, à Palavasles-Flots. Un cocon familial dont il pourrait encore s’éloigner, cet été, puisque le gardien toulousain (19 ans, sous contrat jusqu'en 2020) estime que le moment est venu pour lui de quitter son club formateur. Très courtisé (Crystal Palace, PSV Eindhoven), il pourrait découvrir l’étranger (L’Équipedu 29 mai), même si un grand club français lui fait les yeux doux. En attendant, il se confie sur son avenir, ses failles et sa volonté de progresser, toujours.

« Vous voilà à 98 matches en L 1, à dix-neuf ans, qu’est-ce que cela vous inspire quand vous vous retournez sur votre parcours ?

C’est déjà une bonne chose d’avoir disputé les 38 matches en intégralité cette saison, ça veut dire que j’ai vraiment été régulier. Cette saison a été assez compliquée, avec le maintien obtenu en barrages (3-0, 1-0 contre l’AC Ajaccio, L 2), ç’a été difficile, très difficile par moments mais, aujourd’hui, je suis content d’avoir aidé l’équipe à se maintenir. J’ai conscience d’avoir commencé ma carrière très tôt, il y a très peu de joueurs qui ont fait autant de matches en si peu de temps. Un an et demi après mon arrivée à Toulouse, je jouais en pro. C’est fou ! Quelles différences voyez-vous entre le Lafont titulaire à seize ans et celui d’aujourd’hui ? J’ai pris en maturité, forcément. Je me sens plus à l’aise sur le terrain, dans le placement, la communication. Et encore aujourd’hui, ça va de mieux en mieux. Il y a quelques années, je ne m’imaginais pas du tout à ce niveau-là aussi tôt. Donc, je suis satisfait de ce que j’ai fait. Mais je suis très exigeant envers moimême et je dois faire mieux pour essayer d’aller encore plus haut.

Aller encore plus haut, c’est partir de Toulouse… Vous sentez-vous à un tournant cet été ?

Effectivement, je pense que c’est le moment pour moi de voir autre chose. J’ai fait trois saisons au TFC (*). Trois années où on a joué le maintien. J’ai ma part de responsabilité comme tous les joueurs. Cette saison a été mentalement très dure. Je la finis usé moralement, fatigué. C’est très dur, à mon âge, ce genre de situations… J’adore mon club et mes supporters, les dirigeants, les entraîneurs et surtout mon président, monsieur Sadran. Ils m’ont fait confiance alors que j’étais très jeune et je ne les en remercierai jamais assez. Mais j’ai un sentiment de stagnation aujourd’hui. J’ai besoin de voir autre chose pour franchir un palier, tout simplement. Tout en respectant mon club formateur, j’aspire à aller plus haut, jouer des matches de haut niveau tous les week-ends et les gagner. J’espère que tout pourra bien se passer cet été et que tout le monde pourra s’y retrouver.

Quand avez-vous pris cette décision ?

Ça ne s’est pas décidé là, sur un coup de tête. Ça fait longtemps que j’en discute avec Stéphane (Courbis, son agent), mon père et ma famille. Et j’y réfléchis personnellement depuis plusieurs mois. Je sens que c’est le bon moment, je me suis préparé à partir. Mais je ne veux pas partir pour partir. Je ne veux pas me perdre, je veux faire les choses bien.C’est quoi, faire les choses bien ? Rejoindre un grand club européen en qualité de doublure ? Ou bien un club moins huppé pour jouer ? Là, aujourd’hui, j’ai une place de numéro 1 à Toulouse. Donc, si je veux continuer à progresser, je dois continuer à jouer. Si je pars, ce n’est pas pour être sur le banc. J’ai envie de garder une place de titulaire, de rester numéro 1. Et si jamais je vais dans un club où je me retrouve numéro 2, je ferai tout pour passer titulaire. C’est pour ça que je devrai bien choisir mon futur club. Il doit me permettre dejouer.

Ce changement à venir vous perturbe-t-il ?

Pas du tout, car je suis en vacances, je me vide la tête et je n’y pense pas. Je laisse mon agent gérer tout cela.

Avez-vous conscience des progrès qu’il vous reste à accomplir pour devenir un gardien de niveau européen ?

Oui. Et c’est exactement ce que je vais essayer de faire dans mon prochain club : franchir un palier supplémentaire, qui me permettra par la suite de viser les top clubs, mon objectif à long terme. Je me sens prêt.

Dans quels domaines devez-vous encore progresser pour devenir ce grand gardien que vous ambitionnez d’être ?

Sur la concentration surtout, tout au long d’un match, ou d’un match à l’autre. Je dois être encore plus régulier pour enchaîner le maximum de bonnes prestations. Ça passe par encore beaucoup de travail, également dans les domaines du placement et du jeu au pied, afin de devenir plus complet. Mais je reviens à l’aspect mental, qui est vraiment primordial à mon poste. Les grands gardiens enchaînent les matches de haut niveau tous les week-ends. Ça passe par une concentration maximale contre n’importe quel adversaire, petit comme gros.

Vous allez participer cet été à l’Euro des moins de 19 ans. Regrettez-vous de ne pas être encore en Espoirs, comme votre statut en club pourrait vous le permettre ?

C’est sûr que c’est un regret… Mais après, je me dis que c’est un mal pour un bien. Peut-être que je ne suis pas encore prêt à y aller. Je prends mon mal en patience. Il va arriver un moment où je serai appelé. Et à ce moment-là, il faudra que je sois bon et que je gagne maplace.

Et les Bleus, vous en rêvez parfois?

Je ne me fixe pas de date pour les atteindre, mais c’est un objectif, oui. J’ai envie de jouer à haut niveau pour montrer que je suis là et que j’aspire à l’équipe de France, un jour. Ça va passer par mon travail de tous les jours en club et par mes performances ces prochaines années. » ‘

 

12 / Le nombre de matches sans encaisser de but totalisés par Lafont cette saison en L 1.

Seuls Areola (PSG, 17), Lopes (Lyon, 14) et Lecomte (Montpellier, 14) ont fait mieux. Source Opta

 

(*) Lancé en L 1 contre Nice (2-0), le 28 novembre 2015, il ne quittera plus le but du TFC.

La grande lessive

Sauf imprévu, Alain Casanova a rendez-vous demain avec le président du TFC, Olivier Sadran, et le directeur général du club, Jean-François Soucasse, pour définir les contours de l’intersaison toulousaine. Elle s’annonce agitée, forcément, après un nouvel exercice – le troisième en quatre ans – au cours duquel les Toulousains ont sué à grosses gouttes pour assurer leur survie en L 1. Une grande lessive est attendue. Elle pourrait concerner plusieurs éléments majeurs : Alban Lafont (voir ci-dessus), Issa Diop (suivi par Everton, West Ham, Crystal Palace, l’Atlético de Madrid et l’AS Rome), François Moubandjé (en fin de contrat dans un an), Christopher Jullien (qui plaît en Espagne et en Premier League), Jimmy Durmaz ou encore Andy Delort, qui ne serait plus dans les petits papiers de ses dirigeants. Compte tenu de son salaire et de l’indemnité de transfert déboursée il y a un an et demi (6 M€), il ne sera pas simple de lui trouver une porte de sortie. Une problématique valable aussi pour Ola Toivonen. Yann Bodiger aspire, lui, à retrouver du temps de jeu ailleurs. Alors que Pantxi Sirieix pourrait prendre du galon au sein de la cellule de recrutement, le TFC continuera de s’appuyer sur les produits maison à l’image d’Osei, Gonçalves et Taoui, qui ont récemment signé leur premier contrat pro. Envisagé un temps, un transfert définitif de Max-Alain Gradel s’annonce particulièrement complexe. L’attaquant de Bournemouth semble hors d’atteinte financièrement.

 

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