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Rémi Buhagiar avec G.R-S., R. B. et Lucas Hueber pour La Dépêche du Midi

 

Ligue1

L'avenir du club toulousain pourrait se conjuguer avec les intérêts des pays du Golfe. Le président Sadran est déjà en affaire avec la compagnie aérienne Etihad.

«Nous travaillons sur le schéma d'une augmentation de capital, pour donner plus de moyens au club. Avec un partenaire industriel qui apporte une valeur ajoutée. Via un partenariat très fort avec un grand club européen !», confiait lundi Olivier Sadran, le président du Toulouse Football Club, sans dévoiler pour autant l'identité de cette écurie.

Le 21 juin dernier, La Dépêche du Midi annonçait des négociations avec la compagnie aérienne des Émirats Arabes Unis, Etihad, pour entrer dans le capital du TFC. Démentie par le club, cette information ne semble, aujourd'hui, pas si saugrenue, puisque le partenariat espéré par Olivier Sadran ressemble étrangement à ceux pratiqués en Espagne, aux États-Unis et au Japon par le City Football Group, qui englobe Manchester City et dont le partenaire principal est... Etihad, avec qui Newrest, la société d'Olivier Sadran à l'habitude de collaborer au quotidien. De plus, le City Group compte parmi ses collaborateurs un certain Érick Mombaerts, bien connu au Téfécé, puisqu'il y est resté comme entraîneur entre 1999 et 2006, assurant notamment la Remontada des «Pitchouns» en Ligue 1. Interrogé à ce propos, Olivier Sadran a avoué que Manchester City faisait effectivement des choses qui correspondent à ce qu'il veut, en précisant tout même «qu'ils le faisaient déjà ailleurs…». De fait, comme le rappelle le blog Contre-Pied, «les seuls intérêts tentaculaires d'Abou Dhabi, la capitale des émirats, dans le football, semblent dessiner une nouvelle façon d'allier soft power, entreprise de séduction auprès des masses et placements financiers dans une économie du ballon rond se situant désormais hors-sol». À ce jour, tous les indices semblent converger vers les Citizens, mais d'autres clubs pourraient être intéressés par Toulouse FC. On pense au voisin Barcelone, lié, lui, au Qatar ou à l'Atlético Madrid qui a un temps travaillé avec le RC Lens sur un modèle très ressemblant. Surtout qu'à l'époque, le coach des Sang et Or se nommait Alain Casanova, le nouvel entraîneur et homme fort du TFC. Les Violets pourraient même s'inspirer de la méthode Red Bull qui possède plusieurs équipes (Salzbourg, Leipzig et New York), ce qui permet aux Allemands de Leipzig de donner du temps de jeu à ses jeunes pépites en les prêtant à l'Autriche ou aux États-Unis. Trêve de conjectures, Olivier Sadran a promis de dévoiler l'actionnaire et partenaire mystère au mois de septembre. Le TFC aura, alors, déjà commencé sa saisonet les recrues du mercato auront dessiné d'ici là quelques confirmations...


Le chiffre : 35,5

Millions d'euros > C'est le budget prévisionnel du TFC. Estimé par le club entre 35 et 36 M€ pour la saison 2018-2019, comme la saison précédente.

« Est-ce que je resterai l'actionnaire majoritaire du club ? Oui. J'ai beaucoup de respect pour mon club et ma ville, je ne les abandonnerai jamais. »

Olivier Sadran, président du TFC

 

Romain Poirot, recruteur : «Le TFC peut en tirer beaucoup de choses positives»

Romain Poirot a occupé la fonction de recruteur à Manchester City entre 2010 et 2017. Aujourd'hui ce spécialiste collabore avec Udinese (Italie) et Watford (Angleterre). Selon lui, l'entrée d'un grand club dans le capital peut permettre au TFC d'évoluer à vitesse grand V. Entretien.

Olivier Sadran vient d'annoncer un prochain partenariat avec un grand club européen. Est-ce une bonne nouvelle ?

Clairement oui. Une écurie comme Manchester City par exemple, va permettre d'injecter énormément de connaissances et de compétences au TFC. City, c'est un laboratoire, une machine qui évolue constamment, qui se renseigne sur beaucoup de joueurs, sur un territoire très vaste. Pour schématiser, c'est comme si vous ajoutiez des dizaines de barres de mémoire à votre ordinateur.

Cela va les aider à recruter par exemple ?

Oui, les recruteurs de grands clubs ont souvent récolté énormément de données sur les jeunes joueurs prometteurs du monde entier. Ils ont un savoir-faire différent de ce que l'on voit en France. Vous savez, là-bas, un recruteur est engagé pour apporter de l'actif au club. Il passe son temps à étudier les profils des futures recrues. En cas de partenariat, Toulouse aura accès à ces données. Cela vaut de l'or.

Existe-t-il un risque en devenant partenaire d'une grosse écurie ?

Olivier Sadran sait ce qu'il fait. Il ne se laissera certainement pas avaler par un gros groupe industriel, sauf s'il donne son accord. Je ne connais pas l'identité de son futur partenaire, mais le TFC peut en tirer beaucoup de choses positives.

Sans compter que les Violets risquent de se faire prêter des jeunes pépites…

Oui, mais il faudra trouver le juste milieu entre la formation et les prêts. Un partenariat est avantageux si, par exemple, il me manque un attaquant dans mon effectif et que mon club partenaire à un futur grand attaquant dans ses rangs, mais qu'il ne peut pas le faire jouer dans l'immédiat. Dans ce cas-là, il sera prêté en Ligue 1 le temps qu'il engrange de l'expérience. En revanche, il ne faudra pas abuser des prêts pour éviter de freiner la progression des jeunes pensionnaires du centre de formation de Toulouse.

Si c'est Manchester City par exemple, quel type de joueur peut apporter une plus-value à l'effectif de Casanova ?

Je pense à Thierry Ambrose (attaquant de 21 ans), Manuel García Alonso (Milieu de 20 ans), Tosin Adarabioyo (défenseur de 20 ans) ou Brahim Díaz (18 ans, milieu offensif).

 

Le créateur du site LesViolets.com : «Toulouse ne sera pas le PSG»

Le partenariat entre le TFC et un autre club européen a été annoncé lundi par la direction du club. Si le nom «d'un grand club européen» a été avancé sans autre précision par Olivier Sadran… «On a cependant plusieurs pistes qui confirment que ce sera Manchester City et pas un autre», nuance Jean-Baptiste Jammes, créateur du site LesViolets.com. «Plusieurs officiels du club anglais se sont déjà rendus sur les installations du TFC, et le logo, qui avait été validé pour les 80 ans du club a été retravaillé pour coller à l'image des clubs affiliés à Manchester City.»

Un aspect visuel que Marco, des Indians Tolosa, apprécie : «C'est un beau logo, qui nous correspond beaucoup plus que le précédent. Là, on identifie clairement le TFC.»

«En soi, ce n'est ni une bonne ni une mauvaise nouvelle, pour le moment», continue Marco. Pour lui, cela pourra fonctionner si le Téf arrive à garder son identité. «Ce qu'on constate, dans des clubs qui ont déjà fait des partenariats, c'est une perte d'ADN, de ce qui faisait le club. C'est réellement un point sur lequel on devra se montrer prudent.» Une vigilance qui prime également pour Jean-Baptiste Jammes : «Le club devra être très attentif sur les années à venir, car City va vouloir profiter du partenariat, et cela passera notamment par le transfert des pépites du centre de formation au sein de son effectif…»

Mais ce partenariat devrait profiter largement au club de la Ville rose, qui va être doté d'une banque de données sur des joueurs considérables. «C'est l'un des points faibles du club, actuellement», constate le rédacteur du site web. «Là, on va se retrouver avec un club qui peut observer une centaine de matches chaque semaine, qui a à sa disposition des données sur des joueurs pendant plusieurs mois, voire plusieurs années.»

Si Manchester City rentre au capital du club, ce sera en tant qu'actionnaire minoritaire. «Toulouse ne sera pas le PSG», tient à faire savoir Jean-Baptiste Jammes. «Le TFC, c'est un club, un esprit, des couleurs, un logo. On ne pourra jamais être autre chose», assure Marco.

 

Une chaîne de «production» mondiale de jeunes joueurs

Le blog Contre-Pied livre une analyse fine de la démarche des émirats dans le football : «Dès 2013, après avoir racheté Manchester City en 2008, le cheikh Mansour bin Zayed al-Nahyan d'Abou Dhabi, et dans son sillage les autorités financières de l'État pétrolier ont compris que dépenser sans compter pour une équipe dont l'objectif était juste de rivaliser avec les grands d'Europe était un raisonnement un peu court, voire le caprice d'un seul homme et le contraire d'un bon placement., écrit Olivier Villepreux. Or le football, les chevaux de course, peut présenter l'opportunité de joint-ventures à l'échelle planétaire, en créant une sorte de chaîne de production mondiale de jeunes joueurs à travers des centres de détection-formation, dont le premier est établi à Manchester, avec une volonté affichée de s'inscrire dans le tissu social et politique local. Aujourd'hui, le City Football Group (CFG), détenu à 87 % par l'Abu Dhabi United Group et à 13 % par le China Media Capital Consortium, possède donc trois clubs et centres de formation, à Manchester, à Melbourne et à New York, dont l'entraîneur est Patrick Vieira, portant le même nom de City et les mêmes couleurs bleu ciel, tous sponsorisés par Etihad, la compagnie aérienne d'État»…

 

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