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YOHANN HAUTBOIS pour L'Équipe

 

Interview

Confronté au scepticisme d'une partie des supporters, le technicien, de retour à Toulouse qu’il avait quitté sur un échec en mars 2015, assure avoir évolué.

Trois ans après, la poignée de main d’Alain Casanova broie encore les phalanges de ses interlocuteurs. Sur ce plan, le technicien, de retour à Toulouse, où il a passé près de la moitié de sa vie, n’a pas changé. Après un premier règne de sept années à la tête de l’équipe première, il veut pourtant combattre l’idée d’une solution qui sent le réchauffé. Lui jure qu’il n’est plus le même. Avec ses lunettes de vue qu’il ne quitte presque plus, « Casa » (56 ans) a vieilli, s’est assoupli, un peu.

« Qu’avez-vous ressenti lors de votre retour sur le banc du TFC, à Marseille (0-4, le 10 août) ?

Si cela avait été au Stadium, cela aurait été encore plus émouvant. Mais retrouver la L 1, c’était important pour moi et encore plus avec le TFC, car tout le monde sait à quel point je suis attaché à ce club. Je demande souvent à mes joueurs de jouer leur match comme si c’était le dernier et je m'impose de coacher comme si c’était le premier. Contre Nîmes (1-0, samedi dernier), quand les joueurs sont partis à l’entraînement, j’ai demandé à un de mes adjoints, Denis Valour, comment il se sentait. Il m'a répondu : “Comme si on n’était jamais partis”. C’est exactement ça. Revenir à Toulouse, c’était inespéré.

Tout le monde a en effet été très étonné par votre retour !

Le premier contact m'a totalement surpris également. C’est le président (Olivier Sadran) qui m’a envoyé un premier texto(au lendemain du barrage contre l'AC Ajaccio, le 27 mai, qui validait le maintien) :“Es-tu sur Toulouse ?” Puisun deuxième : “Est-ce que tu veux déjeuner avec Jean-François Soucasse (le directeur général)et moi ?” Je me dis alors qu’il veut peut-être avoir mon avis sur la situation du club. Mais il m’a lancé : “On réfléchit à l’idée de te faire revenir”. Sur le coup, cela me surprend, mon retour me paraissait d’autant plus impossible que j’ai souvent entendu Olivier Sadran dire : “Revenir, ce n’est pas toujours une bonne chose”.

De votre côté, est-ce l’homme ou le technicien qui a le plus changé ?

Les deux. Je ne suis pas à plaindre, mais j’ai connu des moments difficiles, des proches ont été touchés. Cela m’a endurci, j’ai vu les choses de façon différente aussi. Et comme entraîneur, j’ai gardé cette envie de me perfectionner. J’ai vu énormément de matches, rencontré beaucoup de techniciens pour apprendre d'eux. Mon envie de proposer un football encore plus tourné vers l’avant s’est affinée.

Et dans votre rapport aux joueurs ?

Ma femme dit que j’aime tout contrôler. Aujourd’hui, je vais plus à l’essentiel, je suis plus souple sur des choses qui, auparavant, ne méritaient pas autant de discipline. Un joueur avec une minute de retard, je ne le supportais pas il y a dix ans. Aujourd’hui, la rigueur, je la mets d’abord sur le terrain. Je suis encore plus exigeant qu’avant... Ce n’est pas de la dictature mais on n’en est pas loin.

Les supporters ont été déçus par votre retour qui entretient l’idée d’un entre-soi.

Les gens aiment voir de nouvelles têtes, mais ils ne savent pas que j’ai changé. J’espère leur amener du changement. Pendant sept ans, mes entraînements ont été à huis clos pour protéger mon équipe. Là, j’ai décidé d’ouvrir. Mon staff est également très différent de 2015. Je n’ai pas peur d’avoir des gens autour de moi qui sont meilleurs que moi. C’est aussi pour ça que j’ai pris des jeunes plutôt que des besogneux, qui ne vont pas vous décevoir mais qui ne vous apportent rien, sur le plan tactique, du management.

Mais votre départ, en 2015, n’a pas permis au club de progresser, ce qui pose question sur son organisation.

C’est un tout. On est dans une spirale dont il est difficile de sortir. L’idée du club est de faire de l’ancien. L’ancien c’est moi, mais avec du nouveau. Je n’ai pas la prétention de tout changer mais je veux qu’on soit encore plus formateurs, qu’on se remette en question sur le plan du jeu, de la mentalité, le recrutement…

Sur ce plan, rien n’a changé, la cellule, malgré de nombreux flops, n’a pas évolué depuis des années…

Cet été, elle a bien travaillé et l’arrivée de Pantxi Sirieix l’an dernier a fait beaucoup de bien. Je ne critique pas ce qui a été fait avant moi, mais le président m’a pris pour remettre de la rigueur à tous les étages.

En 2008, vous aviez récupéré une équipe en difficulté (17 e ) et imposé un schéma défensif pour la rassurer. Allez-vous procéder de la même façon cette saison ?

La première saison (terminée à la 4 e place), l’équipe avait de grandes qualités défensives et un fabuleux contreattaquant (Gignac). J’aurais été stupide de ne pas m’appuyer sur ces qualités, mais cela ne correspondait pas à ma philosophie. Là, j’ai envie d’avoir une équipe qui ne souffre pas. J’aime avoir le ballon mais avec efficacité, un jeu de position qui permet de le récupérer très vite quand on ne l’a plus.

Le public toulousain va enfin s’amuser ?

Les effets d’annonce ne m’intéressent pas mais garantir aux supporters qu’on va travailler comme des bêtes, avec une mentalité proche de celle des Bleus en Russie, irréprochable, oui. Si tu fais tout ça, le public ne te reprochera rien. Je veux voir ça dans nos matches car c’est la mentalité toulousaine. Toulouse, c’est la chanson de Nougaro, c’est la castagne. (Sourire.) »

 

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