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HUGO DELOM pour L'Equipe

 

Footballeur

Deuxième meilleur buteur français de la saison, le Sévillan réalise l'exercice le plus abouti de sa carrière et s’affirme comme l’un des neuf les plus complets en Europe.

C’était un soir de septembre 2012. Wissam Ben Yedder, gel pour rehausser les cheveux et regard pudique de celui qui découvre les obligations médiatiques, était installé dans un couloir du Stadium, à Toulouse. Et cette phrase, déjà : « Je ne me fixe pas de limite. » En sept ans, alors qu’il a dû faire face aux doutes sur sa capacité à réussir au très haut niveau, le Sévillan a été fidèle à cette promesse.

Cette saison, alors que son entraîneur Pablo Machin ne l’avait pas retenu cet été, il s’est de nouveau imposé. Et il réalise, à vingt-huit ans, le meilleur exercice de sa carrière : il est le deuxième meilleur buteur français de la saison, avec vingt-trois buts toutes compétitions confondues (derrière Mbappé, 29). Les témoignages de ses actuels ou ex-coéquipiers invitent à une lecture nouvelle de la dimension prise par Ben Yedder.


Plus complet dans le jeu

Étienne Capoue : « En numéro 10, il n’a pas peur des petits espaces »

Après le rassemblement de mars en bleu, Kylian Mbappé avait eu cette phrase, dans le vestiaire parisien, pour fixer les qualités de Ben Yedder : « La surface, c’est son jardin. » La réputation de buteur de l’ex-Toulousain n’est plus à faire. Cette saison, il a maintenu une efficacité élevée en gardant son ADN.

« Je ne sais toujours pas s’il préfère jouer avec le pied droit ou gauche, rigole le champion du monde Raphaël Varane, qui l’a connu dès les Espoirs. Il est instinctif, il peut se déplacer quand tu ne t’y attends pas ou déclencher une frappe soudaine. C’est ça son point fort : il n’y a pas de façon particulière pour l’arrêter. Jouer contre lui, c’est être très con- centré et attentif, mais surtout être plus vif que lui dans la surface, ce qui n’est pas simple. »

À ses capacités naturelles s’ajoute, depuis plusieurs mois, une évolution déjà perceptible par séquences au TFC : Ben Yedder devient le dépositaire du jeu sévillan, dans une position de deuxième attaquant derrière André Silva ou même de numéro 10.

Son jeu, dos au but comme en déviations, et son intelligence sur le terrain sont mis en valeur dans cette position hybride (6 passes décisives cette saison, record en carrière) : « Je ne suis pas étonné, explique Étienne Capoue, son ex-coéquipier au TFC (2010-2013). De par sa formation futsal, il aime les petits espaces. En numéro 10, il n’y a que ça et il n’a pas peur. »


Plus décisif dans les grands matches

Raphaël Varane : « Plus affirmé depuis qu’il a marqué à Old Trafford »

L’étiquette de joueur de petits rendez-vous a longtemps collé au Sévillan. Et le spectaculaire doublé face à Manchester United en Ligue des champions, il y a un an (2-1 le 13 mars), n’a pas balayé les doutes des sceptiques. Pourtant, depuis le début de la saison dernière, l’international français (1 sél.) en est à quinze buts sur la scène européenne. « Il a évolué, il s’est plus affirmé, surtout depuis qu’il a marqué à Old Trafford, relève Varane, qui situe désormais un autre défi pour Ben Yedder. La différence entre un bon 9 et un 9 de très haut niveau, c’est la capacité à marquer dans les moments clefs. Il l’a fait. Et pour passer un autre cap, il le sait, il faut répéter ces buts davantage décisifs que les autres. » Capoue prolonge : « Il faut qu’il ait la chance de participer à un dernier carré de C 1. C’est là qu’il pourra définitivement prouver son niveau. »


Libéré mentalement

Serge Aurier : « Il a le caractère pour jouer dans n’importe quel club »

Avec son parcours atypique, l’ex-d’Alfortville a mis plusieurs saisons à modifier sa réputation de taiseux. Son départ à Séville en 2016 et sa capacité à bousculer la hiérarchie ont fait évoluer le joueur. Ses gestes spectaculaires récents (crochets, sombreros sur Piqué) participent aussi de cette mue. Et donnent l’impression d’un joueur épanoui. « Tout ce que je le vois faire là, il le faisait avec Toulouse, mais ce talent hors norme, on le voit beaucoup plus parce qu’il tente beaucoup plus, insiste Capoue. On sent énormément de confiance. »

Serge Aurier, côtoyé aussi au TFC (2012-2015), regrette l’image publique de l’attaquant. « Au-delà de ses qualités, il a le caractère pour jouer dans n’importe quel club au monde. On arrive en France à trouver des trucs. Il est petit, discret, il est comme ci, il est comme ça. Wissam a toujours été sous-coté, tranche le défenseur de Tottenham. Quand je suis arrivé à Paris, je disais aux gens que c’était un phénomène et qu’il pouvait jouer à Paris. Très peu m’ont cru parce que je venais de Toulouse, mais moi je le vois jouer à Paris, à Barcelone. » La dernière marche se situe là.

 

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