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V. V. pour L’Équipe

 

Ligue1

Le TFC, lanterne rouge à l’attaque de la 17e journée, reste sur six défaites en L1 et confirme la tendance des dernières saisons : jouer le maintien est devenu la norme.

Jeudi soir, une réunion a eu lieu dans les locaux du TFC avec, notamment, Jean-François Soucasse (directeur général), Pantxi Sirieix (coordinateur sportif) et Dominique Arribagé (responsable du recrutement) (*). Il s’agissait de faire un point sur la situation sportive, le recrutement ou encore l’état des terrains, mais pas d’organiser une cellule de crise. C’est pourtant le mot qui s’invite dans les esprits au regard de la dernière place, de la chute libre au classement et du nombre de plus en plus important de supporters désabusés, voire braqués contre le Téf’. L’occasion d’un état des lieux, pas complètement négatif, car le club peut toujours compter sur les forces vives de sa formation.

(*) Joint dès jeudi, Jean-François Soucasse n’a pas souhaité s’exprimer et a préféré attendre la parution de l’article pour éventuellement réagir. Contacté hier à 17h30, le président Olivier Sadran a lui jugé le timing trop tardif, tandis que Dominique Arribagé a décliné l’invitation.

 

LE RECRUTEMENT

Peut et doit mieux faire

Les critiques portées sur le fonctionnement du TFC sont plus percutantes que ne l’est l’attaque des Violets lors de certains matches. « Toulouse, tu vois bien que c’est tranquille, trop même, notamment à la cellule de recrutement, glisse un agent. Ce club a besoin d’être secoué. Encore faudrait-il qu’Olivier Sadran en ait envie ! Il devrait donner le tempo. » En juin 2018, le patron du TFC avait martelé son désir de remodeler le secteur du recrutement : « Cette cellule va être modifiée, elle va changer sa façon de travailler pour répondre à nos ambitions. » Pourtant, seul le retour de l’ancien directeur sportif, Ali Rachedi, dans l’organigramme a, depuis, amendé l’organisation de ce secteur sensible. « Au niveau de la dynamique de recrutement, il y a de grosses lacunes, décrit un autre agent. Dominique Arribagé est un directeur sportif comme il y en avait il y a vingt ans. Il possède une bonne image dans le club, mais, a-t-il la formation, l’appétit et le talent pour le poste ? » Patron de la cellule de recrutement, l’ancien défenseur central de Toulouse et de Rennes symbolise malgré lui cet entre soi qui caractérise le TFC. Il est ami depuis longtemps avec Olivier Sadran, qui a aussi noué de solides relations avec Pantxi Sirieix, le coordinateur sportif. Si on est presque en famille, il y a quand même un chef, avec qui la contradiction est rare. Alain Casanova, coach à la longévité remarquable (2008-2015) et très proche du président, a été rappelé par le boss à l’intersaison 2018, alors que Arribagé venait de se mettre d’accord avec un autre entraîneur…

« Sadran doit se demander s’il veut un directeur sportif qu’il va laisser faire ou qui va lui permettre de tout diriger, interroge le second agent. À la cellule de recrutement, ils n’ont jamais d’argent, jusqu’à ce que Sadran arrive et décide de sortir d’un coup le chéquier. » Sous son impulsion, les millions ont ainsi coulé à flots (7,5 M€) cet été pour attirer Wesley Saïd, recrue la plus onéreuse de l’histoire du club, pour l’instant peu efficiente.

La signature de Max-Alain Gradel, au terme de son prêt, en 2018, est en revanche à mettre au crédit du patron, capable de s’impliquer avec force pour faire aboutir des dossiers importants. Des coups qui ne peuvent remplacer une politique de recrutement structurée, lisible, adossé à de bons réseaux. À l’été 2018, faute de posséder les renseignements idoines, Toulouse s’est entêté bien trop longtemps sur le dossier Sidnei (Betis), un défenseur central financièrement inaccessible. Au final, après quelques péripéties, le TFC s’est rabattu sur Stéphane Mbia, arrivé dans un état physique médiocre et reparti six mois après sur un échec.

Ce poste axial symbolise toute la marge de progression de la cellule, qui n’a pas mieux négocié le départ d’Issa Diop (West Ham) il y a un an et demi que celui de Christopher Jullien (Celtic Glasgow) cet été. Dans ce secteur encombré (Shoji, Diakité, Isimat-Mirin et Rogel, en plus des jeunes), il est pourtant question d’adjoindre un nouvel élément en janvier.

 

LA FORMATION

Une éclaircie, mais…

Avant le début de saison, le club a façonné un « Groupe élite », voué à favoriser la promotion des talents du centre de formation. Il s’agissait d’offrir les services quotidiens du staff de l’équipe première à la douzaine de joueurs retenus dans cette cellule de post-formation. Une antichambre dont l’instauration était légitimée et même rendue nécessaire par les nombreux contrats paraphés par des néo-pros. « À partir du moment où les dirigeants en ont fait signer autant, il était normal de leur fournir des conditions identiques à celles de l’équipe première, glisse-t-on dans l’environnement d’un d’entre eux. Mais ils ne se changeaient pas avec le groupe pro, pour que ce dernier garde un côté un peu sacré. Ils n’ont jamais été intégrés à 100 %. »

Ce fonctionnement initié par Alain Casanova a très récemment été supprimé par Antoine Kombouaré, auteur d’un tri : il a conservé une minorité de ces espoirs à l’entraînement et rebasculé les autres vers la réserve. Ce changement effectué sans la moindre annonce est symbolique d’un manque de communication comme de continuité dans la politique sportive. Mais il n’a pas bouleversé la vie du club, ni dénaturé la vocation formatrice du Téf’, puisque le technicien va continuer à distiller de la jeunesse selon les besoins et les vicissitudes de la saison. Depuis le début du Championnat, Mathieu Gonçalves (18 ans, 314 min.) et Moussa Diarra (19 ans, 90 min) ont déjà profité des appels d’air en défense centrale pour apparaître, tandis que Manu Koné (18 ans, 202 min.) s’est immiscé au milieu de terrain. « On les a lancés dans le grand bain en leur donnant beaucoup de responsabilités qu’ils ne peuvent pas assumer, poursuit ce proche. Si le club avait eu plus de temps, il les aurait peut-être fait débuter avec plus de parcimonie. D’autant que le contexte sportif n’est pas propice. »

Ces résultats exécrables n’édulcorent pas la frustration d’Adil Taoui. Ce milieu offensif prometteur (18 ans), conservé malgré des offensives anglaises, était un symbole du prolifique centre de formation des Violets – qui a vu ses moins de 19 ans se hisser en finale de la dernière Coupe Gambardella (0-2 contre l’ASSE). Mais son absence totale de temps de jeu avec les pros a suscité en lui une envie de départ cet hiver.

 

LES SUPPORTERS

Un public à bout

Aujourd’hui, on ne glisse plus les SOS dans des bouteilles mais dans des hashtags jetés à la mer des réseaux sociaux. Depuis mi-novembre, « #SauvonsLeTFC » est le cri de ralliement lancé sur Twitter par le site lesviolets.com, l’Association de défense des intérêts des supporters toulousains (Adist) et l’émission de radio F2M Foot, sur Radio Occitania. Une manière de lutter contre le fatalisme qui habite le public toulousain.

« Les gens en ont ras le bol du club, du silence des dirigeants et de leur politique sportive illisible, explique Yves Dussert, responsable de l’Adist. Beaucoup ont décidé de ne plus s’y intéresser tant qu’il n’y aurait pas de changement. » Leur vocabulaire, enrobé d’un certain fatalisme, reflète leur état d’esprit : « sinistrose », « lassitude », « dégoût ». « Il faut avoir de la force pour supporter le Tef », résume Alexandre Roux, l’un des leaders des Indians, les ultras toulou-sains.

À force de voir le TFC patauger chaque saison dans les profondeurs du classement, une déception profonde emballe les cœurs. Elle a encore été perceptible, mercredi soir, contre Monaco (1-2) lorsque le virage Brice-Taton a accompagné la sixième défaite d’affilée à coups de «Merci Sadran (président) » et de «On va en L2!»

« À ce train-là, il y aura peut-être bientôt un troisième entraîneur cette saison (1), poursuit Yves Dussert. Depuis cinq ans, on a tout changé – les joueurs, le coach et même la pelouse du Stadium – sauf l’équipe dirigeante, qui n’a pas l’air de se remettre en question. Le nœud du problème est peut-être là… Il n’y a pas une direction forte, avec de la poigne, pour attraper les joueurs et les mettre devant leurs responsabilités. On a l’impression qu’ils sont intouchables. Avec toutes ses activités (principalement dans la restauration collective), Sadran n’est pas assez proche du club. Il n’y a pas de capitaine dans le navire. »


Une cassure depuis mai 2018

Directeur général du club, Jean-François Soucasse a, en théorie, le profil pour occuper ce rôle mais cela fait depuis bientôt deux ans que les Ultras réclament sa tête. Il incarne, à leurs yeux, « la consanguinité du TFC (2), incapable de travailler avec des gens venus de l’extérieur ». Le malaise est d’autant plus profond que le TFC ne fait pas grand-chose, à côté, pour tenter de se mettre dans la poche ses fans les plus engagés. Une vraie cassure s’est opérée le 6 mai 2018, lorsque des incidents ont opposé supporters et forces policières sur le parvis du Stadium, juste après la venue de Lille (2-3).

Récemment, « l’affaire des fumigènes lors de TFC-Dijon (1-0, le 17 août) n’a pas non plus aidé », souligne Alexandre, des Indians. « Le club a dénoncé ses propres supporters aux autorités et a assumé derrière publiquement d’avoir porté plainte contre nous. » Lors des réunions avec les dirigeants – la dernière a eu lieu en août – les Indians ont trop souvent l’impression d’avoir affaire « à un mur ».

(1) Antoine Kombouaré a remplacé Alain Casanova le 14 octobre. (2) Formé au club, Soucasse a fait ses débuts en pro au TFC en 1991, avant d’en revenir en tant que directeur du centre de formation dès 2001, puis dirigeant à partir de 2004.

 

LE TEMOIN

« Il ne se passe rien »

Cédric Fauré, ex-attaquant des Violets (2001-2004), se désole de l’inertie du club.

« Quel regard portez-vous sur l’évolution récente du TFC ?

Il ne se passe rien, c’est plat. Les supporters sont lassés d’avoir une équipe qui peut mieux faire, mais joue le maintien chaque saison. Beaucoup de clubs aimeraient avoir des éléments tels que Gradel, Dossevi, Sanogo ou Reynet, ainsi que les jeunes. Après, à Toulouse, c’est gentil, il n’y a pas beaucoup de pression externe ni interne. Les joueurs ne sont pas inquiets, se disent qu’ils vont y arriver. Je les comprends. Mais c’est comme être souffrant et se contenter de rester au chaud en prenant deux-trois médocs au lieu de vraiment se soigner : si on ne prend pas la maladie à la base, on la laisse se développer. C’est ce qui se passe au TFC : il n’y a plus de résultats au bout d’un moment.

Que faudrait-il changer en profondeur dans le club ?

L’image que j’ai du Téf, c’est celle d’un repas entre amis. On mange entre nous à la bonne franquette et on ne veut pas intégrer des gens, car on ne sait jamais comment ça va se passer. Chaque saison, on arrive à se maintenir, les supporters gueulent un petit peu mais ils sont gentils… Mais rester au haut niveau exige des remises en question permanentes. Soucasse (Jean-François, directeur général) et Arribagé (Dominique, directeur de la cellule de recrutement) essaient de faire de leur mieux. Sauf qu’il faut prendre des risques. Est-ce qu’on le leur permet ? Je ne sais pas. Je les ai souvent au téléphone, ils me disent chaque début de saison qu’ils vont jouer le maintien. Avoir un tel discours quand on est à Toulouse, la quatrième ville de France, c’est pénible. Il faut arrêter d’être sur son transat, tranquille !

Les risques que vous réclamez sont-ils avant tout financiers ?

Oui. Beaucoup d’argent est rentré avec les transferts ces dernières années et, en contrepartie, il n’y en a pas beaucoup qui sort. Quand Olivier Sadran (le président) a créé sa société, au début, il a pris des risques, comme quand il a racheté le club (en 2001). Il ne savait pas si on allait remonter de suite en Ligue 2 (le club avait été relégué en National). Le club a survécu à l’époque grâce à lui, il ne faut pas tout lui mettre sur le dos. Mais il est moins présent et il ne s’y intéresse plus autant. »

 

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