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Patrick Desprez pour La Dépêche du Midi

 

Ligue1

En sursis depuis la suspension de sa relégation, le club d’Olivier Sadran s’est vu notifier par le Conseil d’administration de la Ligue de football professionnel sa descente à l’échelon inférieur. La Ligue 1 restera à 20 équipes, martèle la LFP – n’en déplaise aux Tou-lousains et aux Amiénois. Explications et projections.

Le verdict était redouté du côté du Stadium, le couperet est tombé : comme on le pressentait ces derniers jours (échos pas favorables du monde du foot pro), la Ligue a tranché à l’unanimité, hier en fin de matinée, et renvoyé le Toulouse Football-Club dans les cordes : en Ligue 2. Nous vous dévoilons l’envers du décor.


Rappel des faits

Du tir au but converti au tacle subi de plein fouet. Du sourire aux larmes, autrement dit, en dix jours…

Entre mardi 9 juin et hier 13h43 pour être tout à fait précis. En début de semaine dernière, Toulouse jubilait ; en ce vendredi 19 juin qui risque fort de rester dans l’Histoire violette, Toulouse a été touché – et très certainement coulé, quand bien même la bataille devant les tribunaux n’est peut-être pas terminée (lire l’interview ci-contre). "Le TFC maintenu en L1 pour 2020-2021" titrait ainsi le communiqué sur le site officiel suite à l’ordonnance du Conseil d’État priant la Ligue de revoir sa copie. En l’occurrence, le format de la Ligue 1 à partir du mois d’août. Et, de facto, envisager si une extension du championnat à 22 équipes serait "techniquement" réalisable, permettant de repêcher et Toulouse et Amiens, respectivement dernier et avant-dernier du championnat.

Le tout devant être consigné dans une nouvelle convention LFP-FFF à entériner par la Fédération française en date du 26 juin, celle sur laquelle s’était basée l’instance étant caduque (au 30/06). D’où rejetée par la plus haute juridiction en droit administratif.


Tous contre !

"Cette résolution de conserver une élite à 20 clubs a été adoptée après un examen approfondi." Les réjouissances auront donc été ravalées après la tenue du Conseil d’administration de la Ligue, hier matin.

Et il n’y a pas eu photo : 23 votes pour le… maintien à 20, 2 abstentions. Reste à finaliser selon l’échéance convenue.


Et maintenant?

Conformément au cheminement très protocolaire, la LFP va convoquer une Assemblée générale extraordinaire, mardi 23 juin prochain (10h), afin de valider ledit format. Ensuite, la fameuse convention doit être ratifiée lors de l’Assemblée générale, cette fois, de la Fédération en date du vendredi 26 juin. Ce qui clôturerait le dossier avant, dernière étape, la signature par le ministère des Sports, laquelle, historiquement, s’apparente à une formalité.

Quant aux attitudes des deux clubs de la Haute-Garonne et de la Somme, elles étaient aux antipodes en ce vendredi. Si l’Amiens Sporting-Club a réagi dans la foulée par la voix de son président Bernard Joannin promettant de "rester dans un processus contentieux", le Toulouse FC n’a pas communiqué sur ses différents supports – son bientôt ex-patron Olivier Sadran, joint par nos soins, ne souhaitant pas s’exprimer.


Malgré le lobbying…

Depuis le départ, on le sait, on le voit : Toulouse fait plutôt profil bas tandis qu’Amiens s’escrime à faire du bruit et monter la pression. Le différentiel de niveau entre les deux équipes – et par conséquent l’élan populaire – constitue, assurément, une des raisons du pourquoi : à 10 journées du clap de fin, l’ASC ne déplorait que 4 petits points de retard sur le 18e et, à l’arrivée, premier sauvé Nîmes. "Juste" derrière, le Téfécé accusait lui 10 longueurs de débours sur le XI du Slovène Luka Elsner ; soit 14 sur les Crocos nîmois. Mais, non, le capital-sympathie de Joannin n’aura pas été suffisant. Tout comme la drague "de bonne guerre", pour reprendre l’expression d’un président de club, lundi lors du Collège de L1. Une démarche légitime des deux ex-futurs relégués, qui n’a pas porté ses fruits. à l’instar des propositions de calendriers pour une L1 à 22 avec top-départ du championnat au 2, 9, 16 ou 23 août – dernière date qui est celle retenue par l’organisateur dans un canevas "normal". à savoir à 20.


Des soutiens rares

En même temps que le réputé technicien de Nantes aujourd’hui Christian Gourcuff (au nom de l’éthique sportive), que l’émérite consultant sur Canal + Alain Roche (eu égard à la solidarité) et encore que l’ancien entraîneur toulousain Alain Casanova (en raison d’un altruisme à développer) militaient pour une formule à 22 équipes, beaucoup d’autres personnalités dans le monde du foot se sont levées d’un seul homme pour tuer dans l’œuf l’idée. Et ce sont des voix qui sinon comptent double du moins portent loin. à commencer chronologiquement par l’UNFP, traduire le syndicat des joueurs, cher à l’ex’ de la maison violette Sylvain Kastendeuch qui s’est fendu mardi d’une tribune intitulée "Trêve de plaisanteries". Cependant que jeudi c’est le président rémois Jean-Pierre Caillot, un des huit membres de L1 au Conseil d’administration de la Ligue, qui a qualifié le projet d’"utopique", déclamant : "Il y a beaucoup trop d’enjeux."


Les droits TV font la loi

Pourtant, à l’image de l’Angleterre ou du cousin de l’ovalie, organiser un boxing day pour trouver des dates aux –seulement – 4 journées supplémentaires aurait certainement engraissé un peu plus encore la cagnotte de la Petite Lucarne. En tout cas, le principe avait des partisans. Las, on vient de l’écrire, l’UNFP a eu tôt fait de crier aux cadences infernales : "On ne supprime pas la trêve hivernale, les footballeurs ont besoin de repos !"

Puis, surtout, les pensionnaires de l’élite en 2020-2021 ont tout simplement préféré partager le pactole de la nouvelle répartition des retransmissions télé (+20M€ par tête de pipe) à 20 plutôt qu’à 22…


Instances pas désavouées

Précision pas futile : même en sport, l’autorité ne saurait être bafouée en un seul exercice deux fois. Retoquée par la 3F le 27 mai (pour une L2 à 22 qu’elle avait d’abord initiée), la Ligue déjà en crise de souveraineté aurait mal vécu un second camouflet. Et le foot tricolore écorné davantage son image, guère reluisante ces derniers mois. Le boss, c’est Noël Le Graët, de Guingamp ; on ne le répétera jamais assez ! La FFF a acté dès la mise sous cloche du ballon rond dans l’Hexagone le principe des montées/descentes à tous les échelons. à ses yeux, il n’y avait donc pas de raison – y compris en cas de force majeure de la L1 avec les sommes que l’on sait engagées – que la pyramide soit remise en question. En clair, une exception Ligue 1 aurait accouché de procédures en pagaille.

Même habitué des gros temps, le Breton n’aime pas la tempête.

"Un recours est toujours possible"

C’est elle qui a représenté le TFC devant le Conseil d’État lors de l’audience en référé du 4 juin dernier. En attente d’"instructions", hier soir, de la part du club de la Ville rose, Maître Claire Rameix-Séguin nous livre depuis son cabinet parisien dans le XVe tenants et aboutissants de la nouvelle décision rendue par la Ligue le midi-même.

Une Ligue 1 à 20 clubs, la LFP persiste et signe…

Ma première réaction, c’est la déception. Parce qu’on se retrouve dans la même configuration qu’au début de la procédure. Je ne sais pas encore ce qu’envisage le TFC, continuer ou pas le combat ; je devrais en être informée très rapidement.

Il y a encore un recours possible ?

Oui, toute nouvelle décision est susceptible de contestation. Et Amiens a déjà annoncé qu’il irait jusqu’au bout*.

Et Toulouse ?

Cela dépend du contenu de cette nouvelle résolution de la Ligue – que nous devons analyser pour voir si elle est cette fois légale ; si d’autres points sont exploitables. Il y a dix jours, le Conseil d’État avait invalidé la première décision de la LFP la jugeant pas correctement motivée.

Concrètement, que pourriez-vous contester ?

Que le Conseil d’état demandait à la Ligue de procéder à un véritable examen, afin de jouer possiblement à 22, et pas seulement se contenter de la rédaction d’une nouvelle convention.

"Il s’agirait d’un autre référé-suspension"Ce serait une nouvelle procédure d’urgence, donc.

Absolument. Un référé-suspension.

Vous me confirmez que le Conseil d’état a déjà été saisi sur le fond par le Toulouse Football-Club ?

C’est normal, ça va de pair. Cela concerne la première requête et l’annulation du 30 avril ; laquelle pourrait se résoudre, in fine, en dommages et intérêts si l’existence d’un préjudice est établi.


(*) "Nous exercerons toutes les voies nécessaires devant les juridictions compétentes" a aussitôt déclaré le président amiénois.

 

 

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